Etude sur les amphibiens endémiques

Espèces contactées

Amphibiens des montagnes corses
 

Espèces Directive Habitats Répartition géographique Milieux fréquentés
Salamandre  corse
Salamandra corsica
Ann. IV Endémique corse Seule espèce réellement forestière ; milieu frais et humide ; s’éloigne peu des points d’eau permanents ; toute altitude mais préférence pour l’étage montagnard
Euprocte corse
Euproctus montanus
Ann. IV Endémique corse Toute altitude ; biotope aquatique : eau renouvelée, bien oxygénée
Discoglosse corse
Discoglossus montalentii
Ann. II & IV Endémique corse Principaux reliefs jusqu’à 1 900 m d’altitude ; absent du littoral, des plaines côtières, du Cap Corse ; semble préférer les cours d’eau traversant des bois et des forêts
Discoglosse  sarde
Discoglossus sardus
Ann. II & IV Endémique tyrrhénien (îles d’Hyères, Corse, Sardaigne, Archipel toscan et île fossile du Mont Argentario) Jusqu’à 1 300 m d’altitude ; supporte des milieux moyennement saumâtres
Rainette sarde
Hyla sarda
Ann. IV Endémique de Corse, Sardaigne et archipel toscan (Elbe et Capraia) Généralement en dessous de 800 m d’altitude mais également dans la partie ouest du massif du Rotondo en altitude (lacs de Nino et Creno, RBD Valdu Niellu, Calacuccia)

 

Principaux résultats

  • l’ensemble des espèces observées se reproduit sur les zones prospectées  à qualité (eau) et continuité (source, pérennité des ruisseaux, corridor végétal le long et entre les points d’eau) du réseau hydrique satisfaisantes,
  • les espèces strictement endémiques (discoglosse corse, salamandre et euprocte) trouvent dans les milieux forestiers non fragmentés et en bon état de conservation les conditions écologiques les plus favorables. L’analyse de la coprésence des sept espèces dans l’ensemble des sites étudiés confirme une grande similarité écologique de ces trois espèces,
  • la différenciation écologique des discoglosses apparaît assez nette ; ces deux espèces très semblables du point de vue morphologique se reproduisent dans des milieux relativement différents,
  • il n’est pas possible de comparer la richesse spécifique des différents sites car leur surface et leur conformation géomorphologique sont trop différentes,
  • les fossés inondés le long des pistes sont de bons sites à reproduction pour les discoglosses et la salamandre de Corse,
  • la gestion forestière n’est pas incompatible avec la conservation des populations d’amphibiens.

Recommandations de gestion

  • conserver les points d’eau (zones humides, mares temporaires…) naturels ou artificiels qui peuvent constituer des zones refuges lors de perturbations dans l’habitat (incendies, coupes, travaux forestiers),
  • éviter le comblement des fossés par stabilisation des bas côtés lorsqu’il y a passage répété d’engins forestiers,
  • conserver les souches et le bois mort au sol notamment à la périphérie des points d’eau car ils sont utilisés pour l’hibernation ou l’estive,
  • maintenir dans un état de naturalité les zones terrestres adjacentes aux cours d’eau et aux zones humides : éviter le pâturage (piétinement, prédation des larves…), garantir une certaine diversité des micro-habitats terrestres, limiter les brûlages dirigés…,
  • éviter le pompage d’eau (pour remplir les citernes DFCI) au printemps et au début de l’été dans les sites de reproduction identifiés,
  • éviter l’alevinage dans les petits cours d’eau,
  • éviter la pollution des cours d’eau et proscrire le déversement de produits toxiques en forêt (ex. huiles de vidange).

 

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