Etude sur les chiroptères forestiers

Espèces contactées

Amphibiens des montagnes corses
 

Espèces Statut Directive Habitats Habitat-comportement
Petit Rhinolophe
Rhinolophus hipposideros
Espèce la plus courante de l’île mais relativement rare en forêt II et IV Galeries et cachettes souterraines pour l’hivernageEn été, recherche des volumes chauds et s’installe en coloniesChasse dans des milieux fortement structurés, forestiers ou non
Grand Rhinolophe
R. ferrumequinum
Peu courant II et IV Sites d’hivernage : grottes, milieux souterrains fraisS’installe en colonies en été parfois associé à d’autres espècesEspèce troglophile
Rhinolophe euryale
Rhinolophus euryale
Peu courant II et IV Espèce principalement troglophileObservation très ponctuelle en milieu forestier (forêt communale d’Ascu)
Barbastelle
Barbastella barbastellus
Peu courante II et IV Fort preferendum forestierChasse surtout en forêt et en montagne jusqu’à 1 500 m ; contacté jusqu’à 1 900 m en CorseHiberne à l’entrée des grottes, dans des fissures parfois mal protégéesAucune colonie connue en Corse
Minioptère de Schreibers
Miniopterus schreibersi
Peu courant II et IV Espèce la plus strictement inféodée aux milieux souterrainsPeut cohabiter avec d’autres espècesChasseur de plein ciel et d’espaces dégagés jusqu’à 1 600 m (550 m en gîte)
Murin à oreilles échancrées
Myotis. emarginatus
Assez courant II et IV Jusqu’à 1 300 mGénéralement classé comme troglophile et thermophile mais ces 2 caractéristiques n’ont été que rarement observées en Corse
Murin de Bechstein
M. bechsteini
Très rare, en limite d’aire de répartition II et IV Fort preferendum forestier surtout feuillus et mixte, humide à sous-bois denseEstive en cavités arboricoles ou sous écorce (non vérifié en Corse)[1]
Murin du Maghreb
M. punicus
Peu courant II et IV Prospecte tous les habitats de lisières, prés et landesEspèce troglophile pouvant constituer des essaims avec les autres espèces troglophiles
Murin de Daubenton
M. daubentoni
Courant IV Habitats en mosaïqueInféodée aux milieux aquatiques même de pauvre qualité jusqu’à 1 300 mRelativement sédentaire 
Murin à moustaches
M. mystacinus
Peu courant IV Fort preferendum forestier jusqu’à 1 500 mRéputé anthropophile mais caractéristique non confirmée en CorseAucun gîte connu en Corse
Murin de Natterer
M. nattereri
Très rare, en limite d’aire de répartition IV Fort preferendum forestier, près des points d’eau, jusqu’à 1 300 mAucun gîte connu en Corse
Grande Noctule
Nyctalus lasiopterus
Très rare IV Fort preferendum forestierEspèce très mal connue ; gîtes arboricoles d’altitude en Corse et territoires de chasse identifiés de la mer jusqu’à 1 200 m
Noctule de Leisler
N. leisleri
Assez courante IV Fort preferendum forestier, parfois anthropophileProspecte les cavités pour l’hivernage (non vérifié en Corse) et gîte arboricole en période d’estiveSerait migratrice
Sérotine commune
Eptesicus serotinus
Assez courante IV Typiquement anthropophile jusqu’à 1 100 m (maison forestière) ; contactée jusqu’à 2 100 m (sur site de chasse ou de transit)Hibernation sur habitat urbain ou rural (non vérifié en Corse)
Pipistrelle de Kuhl
Pipistrellus kuhli
Assez courante IV Anthropophile et orophobeSe rencontre très rarement en forêt d’altitude en Corse
Pipistrelle commune et P. soprane
Pipistrellus pipistrellus et P. mediterraneus
Très courantes IV Typiquement anthropophiles jusqu’à 1 000m (maison forestière), ubiquistes, jusqu’à 1 700 m sur site de chasse ou de transitHibernation sur habitat urbain ou rural mais peuvent très bien s’en passer
Vespère de Savi
Hypsugo savii
Courant IV Plutôt rupicole, jusqu’à 1 900 m, peut dépasser 2 100 m sur site de chasse ou de transit
Oreillard gris et O. alpin
Plecotus austriacus et P. macrobullaris
Peu courants IV Fort preferendum forestier jusqu’à 1 800 mDe réputation anthropophiles mais caractéristique non confirmée en CorseUn seul gîte de reproduction connu en Corse (FT Ospedale)
Molosse de Cestoni
Tadarida teniotis
Courant IV Jusqu’à 2 400 m (en contact audible)Espèce inapte à la léthargie profonde (seul représentant européen des Molossidae, famille tropicale) et doit se nourrir en hiver


[1] signifie que le caractère n’a pas été vérifié en Corse

 

Principaux résultats

  • la forêt semi-naturelle de pin laricio se révèle être, au moins dans le contexte climatique et écologique de la Corse, une des formations forestières les plus riches étudiées en Europe. Tant la diversité spécifique (moyenne de 11 espèces par site d’étude), que l’intensité de l’activité de chasse, s’avèrent remarquables et inconnues jusque-là en forêt de résineux (hypothèses avancées dans le document (10)),
  • la tranche altitudinale 830-1000 m semble offrir globalement des conditions trophiques optimales pour les chauves-souris, et l’adret laisse apparaître un intérêt chiroptérologique plus élevé que l’ubac,
  • la présence d’un point d’eau calme reste la composante principale des stations à haute valeur trophique (là où le nombre de capture est le plus élevé),
  • les ruisseaux, boisés sur une rive au moins, apparaissent nettement plus fréquentés par les chauves-souris que les autres milieux prospectés (torrents, pleins bois, barres rocheuses, cols),
  • hors points d’eau, c’est la forêt clairsemée d’altitude (environ 1 500 m) puis la futaie irrégulière qui s’avère la plus attractive, du moins en début de nuit : la maturité du peuplement semble primer sur sa structure (à mettre en relation avec l’abondance d’insectes-proies),
  • l’effet positif du couloir à ciel ouvert (routes et pistes forestières) est confirmé,
  • les premiers arbres-gîtes forestiers (morts ou vivants) ont été trouvés. Ils se situent principalement sur le site de Rospa Sorba (noctule de Leisler, grande noctule, barbastelle et pipistrelle dans du pin laricio) mais également à Vizzavona (noctule de Leisler dans un hêtre),
  • on peut estimer à 14 le nombre d’espèces susceptibles d’occuper des gîtes en forêt (naturels ou anthropiques),
  • globalement en montagne corse, le sex-ratio est déséquilibré en faveur des mâles (plusieurs hypothèses sont avancées dans le document (9)),
  • juillet est la période durant laquelle l’efficience des filets (de capture) est la meilleure (probablement à cause de la sortie des juvéniles),
  • l’étude acoustique sur la vallée d’Asco révèle, pour 95,5% des contacts, une activité de chasse,
  • l’étude bibliographique présentée dans le document (11) indique que les chauves-souris en Corse sont toutes insectivores avec une préférence pour les lépidoptères et les diptères.

Recommandations de gestion

  • conservation des arbres-gîtes recensés,
  • viser une densité de 10 arbres à cavités (de préférence vivants et d'un diamètre minimum de 40 cm) par hectare dans les séries d’exploitation,
  • maintien ou création d’îlots de vieilles futaies de 2 à 5 ha distants d’environ 500 m,
  • établissement d’un réseau de recrutement d’arbres-gîtes potentiels,
  • conservation ou réhabilitation des gîtes artificiels d’origine anthropique,
  • orienter autant que possible la sylviculture vers un traitement irrégulier pied à pied,
  • maintien de clairières forestières de taille modeste (< 1 ha) par exemple par maîtrise du pacage forestier extensif,
  • conservation, restauration voire création de plans d’eau libre (20 m 2 en moyenne).

 

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