Etude sur la sittelle corse et l'autour des palombes
Sittelle corse (Sitta whiteheadi)
Elle est inféodée à l’habitat à pin laricio et plus particulièrement aux vieilles futaies pour plusieurs raisons :
- alimentation : les graines de pin laricio sont sa principale source de nourriture durant la période hivernale,
- nidification : elle nidifie dans des cavités d’arbres morts sur pied ou dans les parties mortes d’un arbre vivant, principalement le pin laricio.
L’effectif estimé en Corse est inférieur à 2 500 couples avec une densité moyenne de 1,58 couples/10 ha.
Recommandations de gestion
La menace principale sur cette espèce est celle qui pèse sur son habitat, à savoir le passage fréquent et l’intensité des incendies de forêt. Aussi est-il nécessaire de travailler l’habitat de façon à améliorer son homeostasie et sa résilience :
- réintroduction du pin laricio dans certains secteurs : nouvelles possibilités de colonisation sur le long terme ; par exemple dans un peuplement de pin maritime brûlé qui présentait un faciès de dégradation (habitat potentiel à pin laricio ; ces faciès sont issus des incendies passés qui ont favorisé le pin maritime, plus dynamique, au détriment du pin laricio),
- maintien des vieux peuplements d’altitude et leur classement en série d’intérêt écologique particulier, notamment les peuplements de crêtes : dissémination du pin laricio, corridor pour les sittelles,
- maintien d’arbres morts (5 à 15 m 3/ha), dépérissants (1 à 2/ha), mal conformés (1 à 2/ha) et d’arbres sentinelles (2 à 5/ha) dans les séries de production : maintien de la capacité d’accueil des pinèdes de pin laricio,
- préserver plusieurs arbres morts dans les futaies lors des coupes de bois brûlés,
- parquet de régénération de 5 ha maximum en série de production (8 ha selon la forme du parquet),
- prévoir une alternance jeunes peuplements et futaies mûres pour choisir l’emplacement des parquets de régénération au cours des aménagements successifs,
- si nécessaire, prévoir des îlots de vieillissement.
Autour des palombes (Accipiter gentilis subsp. arrigonii)
C’est un oiseau très discret et difficilement repérable ; peu de sites de nidification sont connus. Cependant, il semble s’adapter à différents contextes tels que les futaies matures de pin laricio ou encore la chênaie verte. L’effectif estimé en Corse varie entre 37 et 80 couples.
Recommandations de gestion
Pour prendre en compte cette espèce dans la gestion, chaque cas doit être analysé selon le milieu fréquenté et la gestion forestière pratiquée.
En série de production il s’agit de moduler l’exploitation forestière dans une zone tampon de 3-4 ha autour du nid, c’est-à-dire :
- ne pas intervenir entre le 15 mars et 15 août
- choisir un traitement irrégulier
- apporter la plus grande vigilance à l’arbre porteur du nid lors des coupes
- toujours conserver un bouquet autour de l’arbre porteur
- favoriser la mixité des peuplements
Dans les autres séries, il est préconisé d’éviter d’intervenir voire de fréquenter la zone tampon (jusqu’à 500 m du nid).